YHWH tétragramme

Les quatre lettres Iod, He, Vav, He se trouvent en compétition dans les textes de l’Ecriture Sainte avec le mot Elohim. On distingue donc une tradition dite elohiste et une tradition dite yahviste. Mais cette vocalisation de Y H W H est conjecturale, car le Tétragramme est imprononçable, puisque sa vocalisation est inconnue et que nous ne possédons que quatre consonnes. Ce fait correspond donc à l’idée que, avant la création, Dieu est ineffable.

Ce nom ineffable aurait été révélé à Moïse :

"Dieu dit en effet à Moïse (Exod. XXXIII, 19) : Tu ne pourras voir ma face. (...) Mais je prononcerai le Nom Tétragramme devant toi, ce que les kabbalistes expliquent : Je prononcerai devant toi ce grand Nom que tu ne pourras voir. (...) Il apparaît clairement par là que selon Ramban, Dieu, conformément à lui-même est son Tétragramme, et que Moïse ne le vit pas..." (La Kabbale, p. 218)

Pour les kabbalistes, le Tétragramme c’est donc Dieu qui ne s’est pas encore manifesté dans sa création :

"Donc avant qu’il y eut créature quelconque, il n’y avait rien que Dieu, son Nom Tétragramme et sa Sagesse, selon l’enseignement de la Kabbale. (La Kabbale, p. 219)"

Si le Tétragramme est non prononçable, c’est que « ne peut être composé par aucun vocable humain un nom qui puisse égaler la nature de la divinité » (Ibidp. 231). L’utilisation de ce nom, non prononçable, se justifie par la faiblesse de l’esprit humain ; il faut nous servir de nombres et de figures, car nous ne pouvons pas découvrir le véritable nom de Dieu, pas plus que nous ne pouvons comprendre sa véritable nature. Le problème est le même pour les noms des anges et Reuchlin analyse ainsi le mécanisme :

"Ces noms sont de la sorte comme des moyens de notation. Ils incitent nos sens par leur forme (...) Nos sens à leur tour mettent en branle l’imagination, l’imagination la mémoire, la mémoire la raison, la raison l’intellect, l’intellect la Mens, la Mens l’âme." (Ibid., p. 232)

Le Tétragramme est donc un « charagma » [1]. Ce caractère abstrait du Tétragramme a donc incité les kabbalistes à le rapprocher de la Tetractys de Pythagore (Ibid., p. 239). Mais les chrétiens ont essayé d’expliquer pourquoi Dieu, qui est représenté par la quaternité chez les kabbalistes et les pythagoriciens, est Trinité dans la théologie chrétienne. Nous reviendrons sur ce problème dans la deuxième partie de cet article.

Puisqu’il représente l’essence divine, le Tétragramme est représenté par Aleph, la première lettre de l’alphabet hébreu (Ibid., p. 260). Il est principe. Les exégètes modernes admettent, comme les kabbalistes, que l’origine de ce nom serait le verbe être en hébreu. Il signifierait donc « Je suis », ou « qui est ». Mais dans leur recherche les kabbalistes ont distingué trois essences :

"Le Nom ineffable, notre première essence, Ehieh, l’essence dans les choses, et Iah, l’essence dans les mérites." (Ibid., p. 261)

Parce qu’il commence par Yod (le « i » hébreu, la plus petite lettre de l’alphabet), « nous devons (...) saisir qu’il est le point infini et le complément de tout nombre, c’est-à-dire de toutes choses » (Ibid., p. 261). De plus Yod a pour équivalence numérique 10.

Mais le Tétragramme est à la fois être et non-être, comme il est un et non-un :

"Et peut-être n’est-il pas dit Un, de même qu’il n’est pas dit Être (Ens), puisqu’il est au-dessus de tout être, et que de lui émane tout ce qui est. Aussi a-t-il été appelé par les plus contemplatifs Ain, c’est-à-dire Non-Être (Non Ens), comme on lit dans Exode 17 : (...) Or on lit dans le Livre de la voie de la foi et de l’expiation qu’il est les deux, être et non-être, puisque les choses qui sont et celles qui ne sont pas viennent de lui et sont après lui (Ibid.)."

C’est pourquoi Reuchlin évoque le mystère de l’Être en termes lyriques :

"Quand ayant écarté toutes les créatures, je serai monté au-dessus de tout être, je ne trouverai autre chose que la mer infinie de la Nihilitude et la source de toute entité découlant de l’abîme des ténèbres éternellement. Ô hauteur, ô profondeur, ô notre faiblesse." (Ibid., p. 260)

 

 

Les kabbalistes ont travaillé sur le Tétragramme et en ont tiré d’autres noms. Ainsi par « révolution alphabétique » on peut obtenir le nom Mazpaz : selon le 22e alphabet du Sepher Iesirah « le Iod se permute en Mem, le He en Zade, le Vau en Pe, pour faire Mazpaz, Adonai Iod He Vau He » (Ibid., p. 256). Ce nom ne se trouve pas dans la Bible, il est « le symbole et le sceau du Tétragramme ineffable » et « doit être rapporté au règne de David » (Ibid.).

Par développement on peut obtenir les « 72 noms sacrés qu’on appelle Schemhamphoras formant un seul nom, c’est-à-dire le nom qui développe le très saint Tétragramme » (Ibid.).

Voici comment on procède pour trouver 72 à partir de YHWH :

"Vous aurez soin de vous souvenir que de même que le nombre de 72 provient, par proportion arithmétique, du nombre du Tétragramme, ainsi (...) En effet, comme n’importe quelle lettre hébraïque a sa valeur numérique particulière, de Iod He Vau He se produisent 72 de cette manière : Iod vaut 10, He 5, Vau 6, He 5 encore. Par l’art de l’arithmétique le tout se réunit ainsi : Iod = 10, Iod He = 15, YHW = 21, YHWH = 26. Réunissez maintenant chacun de ces nombres : 10, 15, 21, 26, vous aurez 72." (Ibid., p. 232)

On peut aussi travailler sur le Tétragramme de la façon suivante :

"Car si à partir de ces quatre lettres YHWH vous placez quatre fois Yod, et ainsi en descendant trois fois He, deux fois Vau, une fois He, vous obtiendrez la somme de 72, qui développe le nom de Dieu inénarrable et incompréhensible." (Ibid., p. 239)

On peut aussi partir des 50 portes auxquelles on ajoute les 22 lettres de l’alphabet hébreu : et l’on trouve alors la « série des 72 anges, dont on rapporte que se compose le Schem hamphorasch, c’est-à-dire ce grand nom du Dieu suprême développé » (Ibid., p. 226). Entre le Nom ineffable et sa création les kabbalistes ont placé des intermédiaires. On se sert « d’espèces nombreuses et variées d’anges », pour « désigner le seul Dieu très bon et très grand », « tout comme nous désignons un prince par ses courtisans ou un général par son armée » (Ibid., p. 240). On trouve dans La Kabbale les 72 versets de psaumes (cf. p. 229, 241-246) dans lesquels on peut lire le Tétragramme et le nom d’un des 72 anges. Ce sont ces 72 anges qui assistèrent Moïse au moment de la sortie d’Egypte ; il faut compter parmi eux les deux anges préposés aux colonnes de nuée et de feu. Cet « ange de la nuée », parfois assimilé à la Sekina, représente en fait « maints autres anges princes de l’univers » (p. 229).

Une multiplication, bien kabbalistique, permet encore de trouver ce nombre de 72 anges :

"Etant donné que l’ange est l’altérité, comme Dieu est l’identité, et que la première altérité est le binaire, nous conjecturerons justement que de la multiplication du binaire est né le nombre des anges. La multiplication cubique du binaire se fait ainsi : 2 fois 2 au carré, le produit est 8, premier cube. Si vous distribuez les 8 anges en 9 chours, vous aurez 72, autant que 8 multiplié par 9." (Ibid., p. 239)

Il existe aussi un nom de 42 lettres. Les 42 caractères « sont dits un seul Nom, parce qu’ils ne signifient finalement qu’une seule chose » (Ibid., p. 288). Il s’agit d’un assemblage de plusieurs noms « qui s’embrassent entre eux » (Ibid.). Reuchlin nous propose cette fois une division « pour découvrir ce Nom à la façon des kabbalistes » : il faut répartir « les 42 lettres en 7 mots, puis chacun d’eux en deux petits mots » de 3 lettres chacun. En multipliant 6 par 7 on retrouve effectivement 42 ! (Ibid., p. 291.) Voici quelques-uns de ces mots : SGTBMA, SGTTKZ, MYTAZB, etc. Craignant d’être soupçonné de magie, Reuchlin nous avertit qu’en définitive la puissance de ce nom n’est pas différente de celle de Dieu : « la vertu de ce présent Nom de 42 lettres, son action, sa vigueur, son efficace, son achèvement, sa perfection dépendent de la voix de Dieu » (Ibid., p. 293). Sa recherche se poursuit « par toutes les connexions des alphabets », et il prend pour exemple le premier alphabet de permutation du Iezirah, ce qui donne TDL, GNB, TDL, LAQ, etc.

On peut aussi pratiquer 12 transpositions à partir du Tétragramme, sans porter atteinte à la stabilité de ce dernier. Mais on ne saurait aller au-delà, « car tout ce qu’on trouverait ne désignerait rien d’autre que l’essence. En voici les symboles : YHWH, YHHW, YWHH » etc. (Ibid., p. 265). « Ces douze noms sont tenus pour un seul nom chez les kabbalis-tes et comme signifiant une seule chose, quoiqu’ils soient 12 moyens pour l’exposer » (Ibid.).

Il y a un autre nom de 12 lettres, qui est une substitution d’origine rabbinique et n’est pas à proprement parler dû à des calculs kabbalisti-ques, c’est le fameux Ha Qadosh Baruk Hu, c’est-à-dire le Saint béni soit-il, plus généralement écrit en abrégé HQBH. Il fallait éviter de profaner le Tétragramme et de s’en servir à des fins magiques (Ibid., p. 295).

 

Certains des Noms de Dieu ne sont pas en relations arithmétiques avec le Tétragramme, mais ils se trouvaient déjà dans le texte de la Bible, associés ou non avec YHWH. Deux sont des mots simples Iah et El, deux sont dérivés de El : Elohim et Eloha. Adonai n’est qu’un nom commun sacralisé et signifie seigneur. On peut ajouter Sadai, Shadai et Sabbaoth, qui signifient la puissance du Dieu des armées. L’exégèse kabbalistique, qui ne se soucie pas des raisons probables pour l’emploi de ces noms divers, est d’une extrême richesse.

Le nom Iah, qui signifie Dieu, ne se trouve guère qu’en composition, en particulier dans les noms propres. Les kabbalistes l’ajoutent à Ben, fils en hébreu, pour former le mot Binah, Intelligence, la troisième des Sefirot, dont nous reparlerons.

Le mot El, de la même racine que Allah, est le mot sémitique pour signifier Dieu. Comme Iah, qui représente la première partie du Tétragramme vocalisée Yahve, Reuchlin relie El au Tétragramme, mais par une démonstration bien déroutante pour nos esprits :

"...El, Elohim, Eloha. Chacun d’eux tire son origine du Tétragramme ineffable, qui contient quatre lettres, voici le 4, qui désigne 26 [2], voici le 26, qui sont tous un seul symbole de Dieu, et voici le Un ; joignez chacun, le 4, le 26, et le 1, vous obtenez El [3]. Si vous ajoutez à ce nom la terminaison du Tétragramme WH vous aurez Eloha. Pour Elohim maintenant on dira que son Mem n’a pas de signification réelle, ce n’est qu’une inflexion grammaticale. (...) Si vous ajoutez au début du Tétragramme Iah El en ordre inversé, vous aurez Elohi, qu’on prononcera Elohim avec la flexion du Mem. Ce mot qui est écrit souvent avec les lettres du Nom ineffable a les voyelles d’Elohim. En Kabbale, on use souvent en effet de l’ordre inverse (Ibid., p. 264)."

Iah et El s’opposent ; Iah c’est Dieu dans sa clémence, El Dieu dans sa puissance et dans sa force : et Reuchlin compare l’appellation de Jupiter capitolin, très bon, très grand, à celle que la nation des juifs donne à son Dieu, qui a nom Iah pour ses bienfaits, et pour sa puissance et sa force El (Ibid., p. 237).

"Iah s’oppose aussi à Adonai, comme la clémence au monde de la sévère justice. Les kabbalistes s’appuient sur le Ps. CXXIX, 3 : Si tu gardes le souvenir des iniquités, ô Iah Seigneur, qui pourra subsister ? (Ibid., p. 237)."

On peut aussi combiner Iah ou El avec l’un des 72 noms et l’on obtient « un nom particulièrement remarquable avec l’accent sur la dernière syllabe » (Ibid.). Ces noms doivent être prononcés « avec crainte et tremblement par les hommes dévots et dédiés à Dieu » (Ibid., p. 238).

Mais l’opposition la plus fréquemment évoquée par les kabbalistes est celle Adonai/Elohim :

"Dieu ineffable avant la création, fut appelé pendant la création Elohim, et après la création habitant dans le monde comme dans son Temple Adonai (Ibid., p. 265)."

Dieu Tétragramme devient donc quand il crée Elohim, puis quand il règne sur le monde créé Adonai. Mais la relation entre le Tétragramme et Adonai est plus subtile encore, puisque Reuchlin continue :

"On lit ainsi Psaume 11 (XI, 4) : Tétragramme dans son saint Temple, Tétragramme qui a son trône dans les cieux, qui domine dans ses oeuvres. (...) Aussi en Kabbale le Temple est le symbole d’Adonai et réciproquement par égalité numérique. De même que l’ineffable Tétragramme doit être adoré dans Adonai comme dans son HYKL, temple, Dieu doit être aimé en Dieu selon le triple monde, en Jérémie (VII, 4) : Temple du Seigneur, Temple du Seigneur, Temple du Seigneur (Ibid., p. 265)."

Mais d’autres combinaisons restent possibles, toujours riches d’enseignement, entre ces trois noms principaux de Dieu. Si durant la création Dieu est bien Elohim seul, après la création, c’est « Elohim Tétragramme, Roi des rois, Seigneur des seigneurs » qui « fait son entrée. (...) Ici le Tétragramme retentit ouvertement aux oreilles de toutes créatures pour la première fois, pour que nous comprenions la Clémence de Dieu avec sa justice » (Ibid., p. 262). Si le Tétragramme est placé avant Adonai « nous comprenons que la puissance du Tétragramme descend jusqu’au mot Adonai proféré » (Ibid.). Dans l’ordre inverse, Adonai Tétragramme, « nous concevons alors par la Mens que les numérations, c’est-à-dire les propriétés divines montant de bas en haut, appréhendent la lumière (lux) suprême » (Ibid., p. 263). Parfois aussi c’est la propriété de jugement qui est suggérée en associant le Tétragramme à Sabbaoth, des armées.

 

 

Quelques expressions, de par leur sens même, sont souvent jointes à des noms de Dieu et peuvent servir à le nommer : Shadai et Saday (puissant), Elyon, très haut, Kados, saint, Haï, vivant : l’expression El Haï sert à évoquer l’âme du Messie [4] :

"Il n’y a en effet aucun intervalle entre l’âme du Messie et El Haï. Mais El Haï est la source des eaux de la vie, et l’âme du Messie le ruisseau de vie (Ibid., p. 97)."

Nous omettons des expressions comme ha-Maqom, le lieu, ou ha-Shem, le nom : ces substituts du nom divin ont été créés pour remplacer des mots trop chargés de sacralité. Mais avant d’aborder brièvement l’étude des Sefirot, ou Numérations, nous pouvons dire avec Reuchlin :

"Combien il faudrait d’études et de mots à celui qui voudrait publier tous les mystères du Nom Tétragramme, dont on ne trouve jamais nulle fin, comme il n’en est pas pour la substance de Dieu (Ibid., p. 263)."

Mais le Tétragramme, le « quadrilittéré ineffable Y H W H » (Ibid., p. 261), est bien au cour du débat, puisque Paul Rici dans son Agriculture Céleste a pu écrire que « tous les autres noms de Dieu s’insèrent sur le nom Tétragramme comme les branches et les feuilles d’un arbre s’insèrent dans le tronc » (p. 175).

 

 

Parce qu’il fut l’un des premiers esprits de son temps, Jean Reuchlin, l’humaniste de Pforzheim, se montra particulièrement sensible à la distance qui sépare l’homme dans sa faiblesse, de l’infini de Dieu. Aussi accorda-t-il une large place, dans La Kabbale, aux 50 portes et aux 32 sentiers qui jalonnent notre route vers la connaissance de Dieu.

Les 50 portes de l’intelligence « ont été reçues par Moïse », mais il ne put franchir la dernière :

"Certains des nôtres ont estimé, dit le juif Simon, que cette cinquantième porte était la résurrection. (...) Je pense que c’est plutôt l’essence de Dieu dont le Tétragramme est le symbole... (Ibid., p. 218)."

De savantes acrobaties arithmétiques permettent à Reuchlin, partant du nombre dénaire, d’arriver à l’infini (Ibid., p. 216 sq.). Ces portes devaient permettre, par une initiation progressive, de parcourir successivement « les éléments, les composés d’éléments, les âmes, les corps célestes et les incorporels supracélestes » (Ibid., p. 216). Et la porte la plus haute ne peut être connue que par le Messie, car « c’est Dieu unique, créateur de toutes choses » (Ibid., p. 221).

A l’inverse, « les 32 sentiers sont dirigés du faîte le plus haut vers le point le plus bas de la base » (Ibid., p. 222). Reuchlin les énumère : « Le premier est l’intelligence miraculeuse. (...) Le second sentier, intelligence sanctifiante, est le fondement de la Sagesse éternelle, qui est appelée foi » (Ibid., p. 223 sq.). Le dernier est P« intelligence naturelle, par laquelle la nature des choses matérielles sous la sphère de la lune accomplit sa perfection » (Ibid.).

 

 

Mais plus que sur ces catalogues des diverses manières de connaître, les kabbalistes chrétiens ont porté leur intérêt sur les Sefirot, qui sont au nombre de dix. « Ce sont les dix noms divins que nous mortels concevons de Dieu. Ce sont noms d’essence, de personne... » (Ibid., p. 246). Certains ont voulu y voir des attributs de Dieu « qu’ils soient négatifs, positifs, absolus, relatifs ou connotatifs » (Ibid., p. 247). Ces dix Sefirot, ou numérations, ou mesures sont généralement divisées en deux séries : la première, qui comprend les trois Sefirot supérieures, Keter, la Couronne, Hokma, la Sagesse, Bina, la Prudence ou l’Intelligence, a souvent, comme nous le verrons, été comparée à la Trinité des chrétiens. La deuxième série, appelée « édifice », évoque davantage les attributs de Dieu : Clémence, Sévérité, Beauté, Triomphe, Louange, Fondement, Royaume (Ibid., p. 246) [5]. « Au-dessus de la Couronne (Keter) se situe l’En-Sof (Infinitude) et c’est l’abîme » (Ibid.).

Or, cette partition de Dieu en dix Mesures, si paradoxal que cela paraisse, ne rompt pas l’unité de Dieu ; car comme pour les autres noms de Dieu, tout, en fin de compte, revient à nommer le Tétragramme, donc à affirmer que Dieu est Un et son Nom Un :

"Ils (les kabbalistes) exposent cette question compliquée, et ils ramènent et réduisent presque tout l’Ancien Testament à ces dix Sefirot, puis au moyen de ces dix numérations aux dix noms de Dieu et à l’unique Tétragramme (Ibid.)."

Pour préserver cette unité ils utilisent d’ailleurs souvent deux images : celle de l’arbre séfirotique, et celle de l’homme : les Sefirot devenant, selon le cas, membres du corps humain ou branches de l’arbre.

En ce qui concerne l’En-Sof, certains pensent qu’il fait partie de l’arbre séfirotique, d’autres qu’il le domine. Voici la solution proposée par Reuchlin, qui suit le Bahir, sur ce difficile problème :

"Il est écrit en effet dans le Bahir : il n’y a pas de principe, si ce n’est la Sagesse. A quoi il me semble avoir bien répondu en disant que l’Infinitude elle-même des trois plus hautes numérations de l’arbre de la Kabbale, que vous avez l’habitude d’appeler les trois personnes divines, est essence absolue, puisqu’elle est retirée dans l’abîme des ténèbres, immanente et en repos, ou comme on dit n’ayant égard à rien. Aussi l’appelle-t-on Rien, ou Non-Être et Sans Fin, c’est-à-dire En-Sof, parce que nous, qui sommes frappés d’une telle pauvreté d’intelligence à l’égard des réalités divines, nous ne jugeons de ces réalités qui n’apparaissent pas, pas autrement que de celles qui ne sont pas. Mais quand il se présente en sorte qu’il est quelque chose et subsiste réellement, alors VAleph ténébreux se change en Aleph lumineux (Ibid., p. 248)."

Ces trois premières Sefirot, que, dit le juif Simon s’adressant au chrétien Reuchlin, « vous avez l’habitude d’appeler les trois personnes divines », ont particulièrement retenu l’attention de Reuchlin.

La première Sefira, Keter, souvent symbolisée par Aleph, la première lettre de l’alphabet, en s’associant à Beth, la deuxième lettre, celle qui lui est la plus proche, devient AB, mot hébreu qui signifie père, père de toute génération et production :

"...Keter, c’est-à-dire la Couronne du règne de tous les mondes, est la source sans fond et Ab ha-Rahamim, le père des miséricordes, dont le mystère est qu’il scelle Ehieh par Emeth, c’est-à-dire l’essence par la vérité (Ibid., p. 247)."

Si Keter peut évoquer le Père, Hokma présente bien des analogies avec le Fils (Ben en hébreu) ; Beth s’associe à la lettre Nun et « engendre ainsi Ben, le Fils, qui est la première production de la Déité » (Ibid., p. 249). Le Fils, qui est « principe de l’altérité », est donc celui « par qui toutes choses ont été faites ». Comme le Verbe, de la Trinité chrétienne,

Hokma, la Sagesse, est à la fois premier-né et principe, même si cela peut paraître étonnant au premier abord.

La troisième des Sefirot supérieures, Binah, l’Intelligence, est souvent assimilée au Saint-Esprit de la Trinité chrétienne. Nous reviendrons sur cette Sefira dans la deuxième partie de cet article, car elle a souvent été nommée Sekina par les kabbalistes, et l’étude de la Sekina dans la Kabbale chrétienne fera l’objet de cette deuxième partie.

De même que les chrétiens affirment que Dieu est Un et Trois, les kabbalistes « affirment que les trois premières numérations kabbalistiques Keter, Hokma et Binah sont une seule couronne du plus grand Roi... » (Ibid., p. 297).

 

 

Cet exposé de la Kabbale juive, faite par un chrétien, est remarquable par son effort d’objectivité : il est vrai que le procédé du dialogue permettait à Reuchlin de présenter à Léon X les principaux thèmes kabbalistiques, sans faire chaque fois les rapprochements, auxquels il devait penser, avec le christianisme. Le juif Simon se contente d’initier ses deux interlocuteurs, le pythagoricien Philolaus et le chrétien Marrane ; c’est ce dernier qui exposera l’exégèse du Nom de Jésus, où le Shin, lettre de la miséricorde, a été ajouté au Tétragramme. Car la Kabbale, pour un chrétien du seizième siècle, ne serait pas achevée si on ne pouvait grâce à elle prouver la divinité de Jésus-Christ, c’est-à-dire, montrer d’une certaine façon, même un peu appuyée, l’équivalence entre le Nom de Jésus et le Nom de Dieu. Il part d’un passage du Raziel où, à Adam accablé par sa faute, est annoncé que de sa descendance « naîtra un homme juste et pacifique, un héros, dont le nom contiendra dans les commisérations ces quatre lettres IHUH » (Ibid., p. 54). Puis après quelques développements un peu longs, un verset de la Genèse (IV, 26) est interprété par guématrie [6]. Si bien qu’au lieu de la lecture traditionnelle : « Celui-ci commença à invoquer le nom du Seigneur (YHWH) », on peut lire : « On s’attendait alors à ce qu’il fut appelé par Sin du milieu de IHUH. » L’adjonction de ce Shin permet alors de retrouver le Tétragramme dans le Nom hébreu de Jésus, qui signifie Sauveur : Y S U A (Ibid., p. 54 et sq.). Cette exégèse a souvent été trouvée peu convaincante et un peu forcée, ce n’est certes pas la partie la plus intéressante de l’ouvre de Johann Reuchlin.

Toute la Kabbale exposée par Reuchlin apparaît donc comme une inspiration, suivie d’une expiration : le Nom de Dieu, le Tétragramme, se développe presque à l’infini, puis par un mouvement inverse du multiple l’on revient à l’un. Cette dynamique de la Kabbale, cette respiration cosmique, semble l’un des traits essentiels de toutes ces spéculations. Nous conclurons donc cette première partie en citant ce beau vers de Georges de Venise :

Ch’ogni numero in Dio sol un diventa (Car chaque nombre en Dieu seul devient un)

Car toute cette arithmétique sacrée n’est finalement qu’un moyen de prouver l’unité de Dieu.

Jean-Gaston Bardet : Le symbole des symboles : le Tétragramme hébraïque

 

Spécialiste de la Kab­bale hébraïco-chré­tienne, Jean-Gaston Bardet(1907-1989) propose ici une analyse du Tétra­gramme formé par le nom de Dieu ; Tétra­gramme formé en réa­lité de trois lettres hébraïques (l’une d’elles le He est répé­tée). Pour aborder cette lecture, il est nécessaire d’être déjà familiarisé avec cette technique et nous ne pouvons ici donner les éléments d’initiation indispen­sables. Peut-être ce texte vous donnera-t-il envie d’en savoir davan­tage sur les possibilités immenses de la Kabbale et d’étudier les quelques très bons li­vres qui en donnent les clefs.

Le Symbole le plus ancien est la Croix, à quatre branches égales, correspondant aux 4 directions cardinales. Or, assez souvent – en Chine comme en Sumer – chacune des 4 branches n’est pas réunie aux autres, au croisement central. Le « point blanc » qui en résulte, signifie la vivification par l’intérieur, par le cœur ou par la Lumière primordiale… Il est « dans l’attente »…

C’est l’emblème d’Anu, la plus vieille divinité sumérienne. Sonexpression verbale se compose de 4 mots agglutinés « An – ub – da – limmu » que vous retrouverez dans les 4 dernières lettres : Q. R. Sh. Th. de l’alphabet hébraïque. Le « Thaw » hébreu était originairement, une petitecroix et « limmu », lui-même, est précisément le nombre : 4, en sumérien.

Ces 4 points cardinaux, de total : 82, vous sont fournis dans l’ordre, par Isaïe (43, 5 et 6) : « Ne crains point parce que Moi je suis avec toi ; de l’Orient je ferai revenir ta race et d’Occident je te rassemblerai. Au Nord je dirai : Rend-les et au Midi, ne les garde pas ».

Ce signe cruciforme s’est traduit par maintes représentations : 4 rois gardiens, 4 fleuves sacrés, statues à 4 visages, 4 quartiers du Ciel dont la 5e région est le centre du monde, etc.

Le « point blanc » laisse place à un cinquième élément qui sera le Shin, lequel symbolise la « nature humaine », devant être crucifiée. Cependant, le symbole cruciforme va évoluer. Le Christ sera crucifiésur une croix à 3 branches principales – analogue au Tau grec – fonctionnellement différente de l’X à 4 branches de saint André.

Observez les allégories : André (Anthropos) n’est qu’un « homme ». Le Christ est « l’Homme-Dieu », aussi va-t-il être fixé par 3 clous seulement.

Car, en toutes les traditions, d’Orient comme d’Occident, 3 symbolise le cercle, le ciel, l’éternel ; tandis que le 4 symbolise le carré, la terre, le temporel. On connaît bien les jeux de 3 et de 4 qui fournissent les nombres-clefs : 7 (3 + 4) et 12 (3 x 4).

Le symbolisme est encore plus subtil en hébreu ou Le Chair : B Sh R (masculin) vaut 43, tandis que La Esprit : R W cH (féminin) vaut 34. Si 3 + 4 = 7 expriment l’union de l’âme et du corps, 34 + 43 = 77 est le nombre du pardon. Vous devez pardonner 77 fois, à l’inverse de Lamech qui devait « être vengé » 77 fois (Genèse 4. 24).

Mais il y a plus.

Dieu a révélé Son Nom (c.-à-d. son Être) à Moïse, dans le Buisson Ardent. Ce Nom est composé de 4 Signes-lettres représentant les 3 « formes divines » de l’Amour Créateur.

Ce Nom s’écrit : Y H W H. Prononcez : I E Ou A d’un seul souffle. Il n’est composé que de 3 lettres différentes, dont l’une, le « He » est redoublée. Ces 4 signes sont nécessaires afin de traduire la structure du Créateur aux hommes de la terre.

Observez que, symétriquement, l’information génétique de la créature humaine est fondée, elle, sur 4 bases qui s’expriment à l’aide de triplets, n’utilisant que 3 lettres. Pour confirmer la cohérence ajoutons qu’il peut exister 64 triplets ou codons. C’est-à-dire, 43 (4 puissance 3). Vous retrouvez l’indicatif 43. Tandis que 64 est le nombre d’Y ShR hA L. Car l’Israël spirituel symbolise « toute la terre » et non pas seulement un morceau de Palestine.

Bien qu’il n’y ait que 3 lettres formelles, on a cependant donné le nom de « Tétragramme » à cet Unique mot révélé par le Créateur.

 

Nous connaissons, désormais, la structure du Tétragramme et comprenons que ce n’est pas un mot humain à deux bouts pouvant se lire linéairement. Ne le traduit-on pas : l’Éternel !… Il ne peut avoir ni commencement, ni fin. Il ne doit donc pas se lire linéairement, mais se spirer circulairement, d’un seul souffle. Il est, d’ailleurs, interdit, aux copistes patentés, de s’arrêter en le graphiquant.

 

Le Tétragramme nous fournit donc toute l’explication de notre destinée et toutes les structures du Cosmos. Il est bien le « Symbole des Symboles ».

Les notes qui suivent proviennent des carnets d’instructions martinistes d’Ambelain.

 

Il s’agit bien là d’un Nom Divin fort ancien, bien connu des Kabbalistes surtout chrétiens, aussi bien que des docteurs de l’Eglise primitive.

Saint Jérôme, en son Interprétation mystique de l’alphabet, fait du Shin hébraïque le symbole de la parole, du verbe vivifiant. Elle était déjà, pour les kabbalistes hébreux, l’un des trois lettres mères (avec l’aleph et le mem), et signifiait le Feu.

Nous verrons plus tard Papus, en son livre Martinisme et Franc-Maçonnerie, nous dire que cette lettre Shin renversée dans l’Etoile Flamboyante (Pentagramme), pointe en haut, montre à l’initié rosicrucien l’Incarnation du Verbe Divin dans la Nature Humaine.

Et le Docteur Allendy, en son ouvrage Le symbolisme des nombres, ajoute ceci : « L’adjonction du Shin au Tétragramme sacré marque le passage du Quaternaire au Quinaire pour la production de la créature vivante. Jésus, le Verbe fait chair, représente kabbalistiquement toute créature, et en particulier l’Homme, puisque celui-ci est la plus évoluée des créatures ».

Etant donné que, selon la tradition chrétienne générale, la Nature entière est déchue avec Adam, par la faute de celui-ci, on comprend, en effet, comment la même nature peut remonter avec l’Homme dès le rachat de celui-ci par le Verbe.

Henri-Cornelius Agripa, en sa Philosophie Occulte, nous dit que : « Dans le temps de la loi, la Nom Ineffable de Dieu était de quatre lettres : iod he vav he, en place duquel les Hébreux, par respect, lisaient simplement Adonaï (Seigneur), soit aleph, daleth, noun et iod. Dans le temps de la grâce, la Nom de Dieu est la Pentagramme effable iod he shin vav he, lequel par un mystère qui n’en est pas moins grand, s’invoque aussi en un Nom de trois lettres : iod, shin vav… »

Observons, en passant, que le Nom de Cinq lettres est IESHOUAH, et celui de trois lettres ISHOUH.

Peu après Agripa, Henri Kunrath fera figurer le Nom Divin de cinq lettres, IESHOUAH, au centre de la cinquième planche de son célèbre ouvrage, L’Amphithéâtre de l’Eternelle Sagesse, représentant le Christ en Croix, et sur la douzième et dernière planche, représentant lePantacledit de Kunrath.

Louis-Claude de Saint-Martin précise sa pensée sur ce Nom en sa Correspondance : « Lorsque le Christ est venu, il a rendu encore la prononciation de ce mot (le Tétragramme) plus centrale ou intérieure, puisque le Grand Nom que ces quatre lettres exprimaient, est l’explosion quaternaire, ou le signal crucial de toute vie. Au lieu que Jésus Christ, en apportant d’en haut le shin des hébreux ou la lettre S, a joint le Saint Ternaire lui-même au Grand Nom Quaternaire dont les trois unités en sont le principe. Sans doute, il y a une grande vertu attachée à cette prononciation véritable, tant centrale (intérieure) qu’orale, de ce Grand Nom et de celui de Jésus Christ, qui est comme la fleur. La vibration de notre Air élémentaire est une chose bien secondaire dans l’Opération par laquelle ces Noms rendent sensibles à ce qui ne l’était pas. Leur vertu est de faire aujourd’hui, et à tout moment, ce qu’ils ont fait au commencement de toutes choses, pour leur donner origine. Et comme ils ont produit toutes choses avant que cet Air n’existât, sans doute qu’ils sont encore au dessus de l’Air quand ils en remplissent les mêmes fonctions ».

On le voit, tous les grands noms de la Kabbale, aux XVI° siècle, XVII° et XVIII° siècle, connurent la profonde valeur du Nom Pentagrammique. Sédir cite en son Histoire et doctrine des Rose-Croix : « Un disciple des Rose-Croix, Wilhem Menens d’Anvers, lequel parle en son Aureum Vollus de la grande force qui est cachée dans le Nom IHSVH ».

Tout ceci montre bien que tous les kabbalistes chrétiens ont connus et utilisés le profond mystère inclus en ce nom divin : IESHOUAH.

C’est à ce titre que le Martinisme de Tradition en a fait sa mystérieuse « Parole », à ce titre qu’il marque la Prière Martiniste d’un caractère réellement ésotérique, et d’une potentialité ineffaçable.

Comme l’Ange conducteur sépare les Israélites des égyptiens lors du passage symbolique de la Mer Rouge, le Shin sépare en deux les quatre lettres du Tétragramme initial, exprimant le Dieu vivant, le Dieu du Monde, le Dieu manifesté. Et les deux valeurs numérales ainsi obtenues sont fort significatives.

Mais combien plus encore significative cette insertion du Shin au centre du même Tétragramme, ce Shin lettre mère désignant le Feu, lorsqu’on se souvient de la Parole desEvangiles : « Je suis le Pain, je suis la Vie… Je suis venu mettre le Feu au sein des choses… ».

Enfin, il est incontestable que ce Nom Divin est à même d’unir la totalité des Martinistes dispersés par le Monde, quelle que soient leur religion ou leurs croyances philosophiques. Et comme tel il est donc facteur d’unité.

 

Yeshoua Ha Mashiah déclare solennellement : « tout est accompli ! »

Tu as voulu que je te fasse connaître aux humains en devenant, au terme de ma croissance en sagesse, en stature et en grâce, ta réplique, ton image, à ta ressemblance. Je l’ai fait au point de les rendre jaloux de ce que je te ressemble. La ressemblance entre toi et moi est telle que certains humains me confondent à toi, ne comprenant pas que nous sommes deux entités distinctes qui ont la même ...

 

Jean 19:30 « Yeshoua prend le vinaigre. Ensuite il dit: “Tout est accompli.” Il baisse la tête et il meurt. »

 

Yeshoua avait fait savoir à ceux qui l’écoutaient au temps de sa chair qu’il était en mission sur la terre. Il avait été envoyé sur la terre par le Père, YHWH Adonaï, le Créateur de tout ce qui existe de visible et d’invisible, pour remplir une mission. Depuis deux mille ans, les hommes épiloguent sur le sens véritable de cette déclaration de Yeshoua au moment de rendre l’esprit : « Tout est accompli. » La compréhension de ce TOUT est fondamentale pour le salut de l’humanité. Le TOUT ici est mis pour TOUTE la volonté de YHWH Adonaï qui avait mis Yeshoua en mission sur la terre auprès des humains avec un cahier de charges bien arrêté. Cependant, l’essence et l’objet de cette mission de Yeshoua sur la terre continue de diviser les humains en congrégations religieuses et autres courants spiritualistes. Et pourtant c’est l’objet de cette mission qui constitue la Bonne Nouvelle, la LOI d’Elohîms. Autant dire que tous parlent de la Bonne Nouvelle mais personne ne sait en quoi elle consiste.

Comprendre le mystère de la LOI de YHWH

Dans un Royaume, la LOI émane de la Volonté, les Desseins, les Désirs, la Parole, les Promesses, les Instructions, les Ordonnances, les Nouvelles, etc. du ROI. Le ROI, dans son Royaume, ne saurait tolérer la moindre contestation de sa LOI. Dès lors, le ROI va créer des prisons dans lesquelles il va isoler tous ceux qui contestent sa LOI. Nul, dans le Royaume, n’est au-dessus de la LOI, nul n’est censé ignorer la LOI.

 

La LOI du ROI YHWH est l’un des plus grands mystères que les humains ne parviennent pas à pénétrer. YHWH est ROI, le ROI des rois. Il est ROI dans Son Royaume qui est sans limites visibles et invisibles. Son Royaume est matériel et spirituel. Il est constitué de tous les humains et de tous les esprits qui s’identifient en Lui. Tous les contestataires de la LOI de YHWH sont exclus de son Royaume pour être isolés dans sa prison, en enfer.

La stratégie excellente de l’Adversaire des hommes pour les conduire à la perdition temporelle et éternelle consiste à leur voiler la quintessence de la LOI de YHWH, les embarquant dans des discours sur la morale, les préceptes de Moïse, les traditions des hommes, les rites, les rituels, les formes, etc. toutes choses qui vont les conforter dans le joug de l’ego, avec son corollaire qu’est l’orgueil découlant de la fierté du mérite personnel, afin que YHWH les jette dans sa prison éternelle, en enfer. Voilà pourquoi tous parlent de la LOI, mais très peu savent ce que c’est que la LOI de YHWH.

Définition de la LOI de YHWH

L’obéissance à la LOI du ROI YHWH s’impose à quiconque désire vivre en permanence libre dans son Royaume. Aussi peut-on dire que la LOI, c’est l’instrument par lequel le juge du ROI YHWH, en la personne de Yeshoua Ha Mashiah (Jean 5 :22-24), distingue les habitants du Royaume de YHWH en deux groupes opposés : les justes et les méchants, selon que les premiers obéissent à la LOI sans faute et les seconds contestent sa LOI dans au moins un seul iota.

La question la plus cruciale que doit se poser tout sujet du ROI YHWH est de savoir si le ROI le reconnaît comme juste. Et c’est par leur conformité à la LOI que les sujets du ROI sont reconnus comme justes. La conformité à la LOI parle du mariage, de l’identification, de la fusion avec la LOI au point de devenir la LOI faite chair en vue de l’obéissance parfaite à la LOI, la Volonté du ROI. Vous pouvez faire dire au ROI ce que vous voulez. Aussi pour les humains envoûtés par la conscience cosmique, la LOI c’est tout et rien. Ils veulent jouer aux connaisseurs de la LOI de YHWH alors qu’ils n’en savent rien. C’est ainsi que chaque charlatan proclame sa compréhension de la LOI et en fait une doctrine qui constitue le fondement de sa secte.

 

La LOI de YHWH est clairement annoncée dans la Bible dans le livre de Genèse quand Elohîms dit :«Faisons les êtres humains à notre image, et qu’ils nous ressemblent vraiment! Qu’ils commandent aux poissons dans la mer, aux oiseaux dans le ciel, aux animaux domestiques et à toutes les petites bêtes qui se déplacent sur le sol!» (Genèse 1:26)

En d’autres termes, YHWH dit : Je veux que les humains soient des HOMMES et non des animaux des champs. Est homme celui qui est à l’image de YHWH et selon sa ressemblance vraiment. Un tel homme devient un Elohîms sur la création toute entière. (Psaumes 82:6). Tel est le Projet, la Promesse, la Volonté, la Mission première de YHWH confiée à toute créature qui se veut HOMME. Toute créature qui demeure en dehors de cette identité est ANIMALE ou OBJET.

 

Le plus grand désir de tout géniteur est que celui qui émane de lui soit à son image et selon sa ressemblance afin de pouvoir hériter de son géniteur. Aussi YHWH appelle-t-il FILS DE L’HOMME toute créature qui est à son image et donc qui lui ressemble vraiment. Toute créature qui, de tout son être, esprit, âme et corps, désire (aime) être à l’image de YHWH et selon sa ressemblance est dite obéissante, pure, juste, parfaite, sauvée, vivante, parce que YHWH lui donne gratuitement son aide en son Souffle sacré qui seul est opérant dans la transformation de cet être animal en homme.

Yeshoua confirme et accomplit la LOI de YHWH

À son avènement sur la terre, Yeshoua trouve que tous les hommes ont rejeté le projet d’être à l’image de YHWH et selon sa ressemblance. Tous les humains sont dès lors privés de la pénétration du Souffle sacré de YHWH. (Romains 3:23) C’est en cela que consiste la substance du péché, entendu comme la contestation de la LOI de YHWH que les serviteurs conscients et inconscients de Satan participent à voiler par leurs doctrines des démons qui proviennent de leur intelligence enténébrée par la recherche des gloires temporelles et périssables. Quiconque en effet, n’a pas reçu la révélation de la LOI de YHWH ne saurait prétendre avoir été enseigné par YHWH en Yeshoua.

 

Romains 3 :10-12 « Aucun être humain n’est juste, même pas un seul! Personne n’est intelligent, personne ne cherche à ressembler à Elohîms! Tous ont quitté le bon chemin, ils sont tous corrompus par la conscience cosmique au moyen de l’ego. Personne ne fait la volonté de YHWH, même pas un seul! »

Romains 1:22-25 « Ils disent qu’ils ont la sagesse, mais ils sont devenus fous. Au lieu de se marier à l’Elohîms glorieux pour lui ressembler, ils se sont mariés aux objets. Ces objets représentent une personne, qui doit mourir, ou bien des oiseaux, des animaux à quatre pattes et des serpents. A cause de cela, YHWH les a laissés faire les œuvres de l’ego telles qu’ils le voulaient, et ainsi, ils salissent eux-mêmes leurs corps de façon honteuse. Ils ont rejeté le mariage avec YHWH pour s’identifier à des faux dieux, ils sont devenus la réplique de Satan et ils ont servi ce qu’Elohîms a créé à la place du Créateur. Louange à lui pour toujours! Amen! »

Quand des individus demandèrent à Yeshoua ce que c’est que la LOI, la Volonté parfaite de YHWH pour l’humain ? Il leur répondit que YHWH désire une seule chose : Que quiconque reconnaît en lui, Yeshoua, le Fils de l’Homme, l’Homme parfait selon Genèse 1:26, l’Homme à l’image de YHWH et selon sa ressemblance, l’Homme qui a ascendance sur la création toute entière dans le ciel et sur la terre, l’Homme qui a la capacité d’accomplir toute la volonté de YHWH par la puissance du Souffle sacré, eh bien, que celui-là désire (aime) de tout son être, esprit, âme et corps, être pénétré par le même Souffle sacré pour lui aussi être transformé à l’image de YHWH, selon sa ressemblance. (Jean 6:28-29) Telle est la définition du verbe CROIRE, telle est la quintessence de la FOI.

 

Tout est accompli !

Quand Yeshoua termine sa mission au regard du grand public humain qui l’observe sans jamais la comprendre, il présente le rapport de fin de mission à son Père en ces termes : « Père, tout est accompli !»

Guy Olinga

 

Le Nom Ineffable (14ème degré)

 

 

 

Dans les loges bleues il est de tradition que, derrière le Vénérable Maître, soit visible un triangle dans lequel se trouve un œil.

Il n'en a pas toujours été ainsi et si on reprend les différents rituels du R E A A, celui de 1802 indique bien un œil dans le triangle, alors que le rituel de 1820 indique que dans ce triangle est inscrit le nom de Dieu, tel qu'il est écrit en caractères hébraïques. Sous cette forme, il prend le nom de Tétragramme.

De nos jours on retrouve ce Tétragramme pour la première fois au 13èmedegré, lorsqu'il est placé sur l'autel des serments, et au 14èmedegré au dessus et derrière le Trois Fois Puissant Grand Maître.

C'est un symbole et fort justement, il ne peut être considéré comme autre chose qu'un symbole parmi tant d'autres.

En français, le nom de Dieu est écrit sous différentes formes telles que Jéhovah ou Yahvé. Toutefois avant d'aller plus loin il sera intéressant de nous pencher sur l'origine grecque du mot Tétragramme.

Le mot grec tétra signifie quatre et le mot gramma à signifie écrit ou lettre.

Le terme Tétragramme lui-même n'est pas un mot qui se trouve dans la Bible, mais c'est un mot utile pour décrire les quatre caractères hébreux employés dans le nom de Dieu. 

Là encore la traduction nous donne les informations suivantes, Jéhovah, ou Yahvé en hébreu, YHWH, le nom personnel de Dieu, est un verbe. C'est le verbe hébreu hawah, à l'imparfait.  

Le Tétragramme est peut-être le plus ancien symbole qui soit à la base de discussion religieuse chez les Israélites, depuis le temps des Patriarches.

Le nom de Dieu que nous, au hasard, prononçons Yahvésans toutefois savoir si c'est, ou pas, la bonne prononciation, celle-ci ne pouvant être impérativement établie, a toujours été retenu par les hébreux dans une très profonde vénération

Ce nom et cette prononciation furent communiqués à Moïse près du Buisson Ardent lorsque Dieu lui dit

Va dire aux enfants d'Israël, je suis Yahvé, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et de Jacob. C'est mon nom pour toujours et il restera dans vos mémoires.

Et plus loin, Il déclare encore, concernant son Nom: Je suis Yahvé. Je suis apparu à Abraham, Isaac et Jacob avec le nom de El Shaddaï, mais mon nom, Yahvé, je ne leur ai pas fait connaître.  

Retenons ce nom hébreu El Shaddaï, le Tout Puissant. C'était le nom sous lequel il avait été jusqu'alors connu par les précédents patriarches. Il est analogue à Elohim (Dieu) qui est décrit dans le premier chapitre de la Genèse comme le créateur du monde. Mais c'est sous le nom de Yahvé qu'il est maintenant pour la première fois communiqué au peuple.

Dans le chapitre 2 de la Genèse, il ne s'agit plus de Dieu Elohim, mais de l'Eternel-Dieu (Yahvé Elohim), indiquant ici un changement dans la manière de désigner Dieu, car dans ce chapitre apparaît pour la première fois, l'Homme.  

Cette annonce de son nom faite par Dieu à Moïse, avec toute une solennité et une présentation religieuse, devient et reste pour les israélites, le sujet d'une profonde vénération et crainte.

Mais les Juifs commencèrent à ressentir des scrupules de prononcer le nom sacré. C'est pourquoi l'on se mit à substituer le titre Adonaï (Seigneur) à Yahvé lors de la lecture à haute voix. Pour signaler cette substitution, les Massorètesplacèrent sous les consonnes du tétragramme YHWH, les voyelles d'un autre nom divin, Adonaï (Seigneur), à savoir e, o, a. Ils indiquaient par là que le lecteur devait prononcer Adonaï et non pas Yahvé lorsqu'il voyait le tétragramme. Mais plus tard certains ont cru devoir lire les consonnes de YHWH avec les voyelles d'Adonaï,YeHoWaH et ont pensé ainsi que Jéhovah était le véritable nom divin, alors qu'il n'avait jamais été prononcé de cette manière.

Une prononciation bi syllabique du Tétragramme telle que "Yahvé" ne permet pas le son vocalique o dans le nom de Dieu.

Pourtant, dans les dizaines de noms bibliques qui contiennent le nom divin, cette voyelle centrale apparaît, tant dans les formes premières que dans les formes raccourcies, comme dans Yonathàn.

C'est pourquoi un linguiste, le professeur Buchanan, dit au sujet du nom divin: En aucun cas la voyelle o n'est omise. Le mot était parfois abrégé en ya, mais jamais en Ya-vé. Quand le Tétragramme était prononcé en une seule syllabe, c'était Yah ou Yo. Quand il était prononcé en trois syllabes, ce devait être Yahowah ou Yahouwah.  Si tant est qu'il n'ait jamais été abrégé en deux syllabes, ce devait être Yaho.

Certains biblistes modernes sont contre l'utilisation de la forme Jéhovah, lui préférant Yahvé, ou encore la forme non vocalisée du tétragramme, comme c'est le cas aujourd'hui parmi les Juifs orthodoxes. L'argument des premiers consiste à montrer que Jéhovah n'était certainement pas la prononciation originale, et qu'il s'agit d'un terme utilisé par le moine espagnol Raymundo Martini dans son livre Pugeo Fidei en 1270. 

Le Dictionnaire de La Bible de Vigouroux définit ainsi la différence qui existe entre les termes Dieu et Jéhovah: Les diverses langues sémitiques avaient simultanément ou séparément deux noms communs pour désigner Dieu: El et Elohim. Les Hébreux ont fait usage de l'un et de l'autre, soit en parlant du vrai Dieu, soit en parlant des dieux des polythéistes. Ils avaient de plus un nom propre pour nommer le Dieu véritable, Jéhovah ou Jahvé, et c'est celui dont ils se servaient le plus souvent.  

Yahvé ou Yehovah est le Nom personnel de Dieu, lorsqu'il est en relation avec l'homme et spécialement avec son peuple. C'est le nom par lequel il s'est fait connaître comme le Dieu de l'alliance avec Israël. Dans un sens général, on dira que Elohim (Dieu) aurait suffi, mais l'addition de Yahvé, (l'Eternel) introduit une qualité de relation particulière.

Eternel est donc une tentative de rendre un sens probable au tétragramme. Même si la solution n'est pas parfaite, elle est plus satisfaisante. Elle vaut en tous les cas mieux que Jéhovah, d'autant que le nom Eternel est passé dans la langue courante en français. Qui n'a jamais dit par exemple, d'un ami ou d'un parent, qu'il était un grand voyageur devant l'Eternel!  

Yahvé Elohim (l'Eternel Dieu) a mis l'homme à l'épreuve. Cette combinaison exprime le mieux l'identification du Créateur avec la chose créée.

C'est pourquoi dans la description de la Genèse, Dieu (Elohim) est la seule désignation convenable pour celui qui donne l'existence à toutes choses mais c'est Yahvé Elohim qui apparaît quand il établit des relations morales ici-bas.

L'homme n'est plus seulement vu comme une créature mais il est mis en contact avec le créateur lui-même. Ainsi s'explique le nom donné par Dieu à Abraham, je suis El Shaddaï, le Dieu Tout-Puissant.   Le nom de Yahvé n'est jamais prononcé par les croyants juifs qui ne mettent jamais ce mot dans leur écriture, le considérant comme tabou, et lui substituant le mot Adonaï où Le Nom. (Ha Shem).

Ainsi, tandis que les juifs se refusaient à prononcer le nom divin, l'Eglise a réussi à l'éliminer complètement des manuscrits grecs et des traductions des deux parties de la Bible.

Aujourd'hui, lorsqu'un juif rencontre le Tétragramme, il lit Adonaï, Seigneur ou Ha Shem, le Nom, et non pas Yahvé comme le rend de façon très hypothétique la Bible de Jérusalem

Dans la Bible de Chouraqui, 1985, on trouve ceci : le Tétragramme Y. H. V. H. est représenté sous deux formes Y. H. V. H. Adonaï et Y. H. V. H Elohim, qui correspondent aux prononciations traditionnelle du nom divin en hébreu.

Une pratique qui a été suivie par les traducteurs de la Bible.  

Le sens exact de YHWH est controversé. On le rattache ordinairement à la racine HWH, devenue HYH, racine du verbe être, que l'on retrouve dans le célèbre récit de la révélation de Dieu à Moïse, en Exode III-13:14: Je suis celui qui suis.

Mon nom est A H Y H, et je serais continuellement avec vous et pour toujours.

C'est confirmé par la suite du même  verset:

Et il ajouta: Voici ce que tu répondras aux Israélites: AHYH m'envoie vers vous.  אהיה  

Nous pouvons lire dans la Bible que Dieu (Créateur des Univers et Protecteur du Peuple Spirituel) s'appelle Yod- He- Vav- He  (Yahvé, Jéhovah)

Le Nom est composé de 4 lettres hébraïques: le Yod, le Hé, le Vav et un deuxième Hé. En plus de la signification de chaque lettre à l'intérieur de l'Alphabet Sacré, elles représentent, chacune, une énergie active dans une période déterminée, autant en ce qui concerne la création des Univers qu'en ce qui concerne notre vie et nos problèmes personnels.

Le YOD י   représente la semence, la graine, la potentialité que doit posséder tout ce qui est porteur de quelque chose. Le Yod représente le masculin, le Père, le germe de toute chose, l'impulsion fondamentale, la Volonté.

Le HE ה   représente la Terre dans laquelle le Yod doit se matérialiser; c'est la période de formation interne, de gestation. Le Hé représente le féminin, la Mère, le moyen matériel où l'œuvre peut être réalisée; la fécondité. Ces deux lettres s'unissent pour composer le mot être, et forment le premier son prononcé par Dieu dans cet impératif célèbre de la Genèse : Soit la lumière ! C’est donc à la fois l’affirmation la plus radicale de l’Etre et l’invocation du Son Primordial.

Le VAV ז   représente le Fils, le résultat de l'action du Yod sur le Hé; c'est l'élément actif, celui qui recueille la potentialité du Yod et la transforme en actes.

Le deuxième HE ה   est le résultat final de ce cycle d'activités. C'est le fruit que donne le Fils, dont l'activité modifie les conditions dans lesquelles se trouvaient les choses dans le stade Yod Cedeuxième Hé devient donc, automatiquement, le Yod d'un nouveau cycle de créations.  Lequel se développera au niveau inférieur. De la même façon que les fruits contiennent les graines d'un arbre futur, le deuxième Hé contient les graines de nouvelles réalisations.  

La compréhension du Nom de Dieu est fondamentale pour comprendre les mécanismes de la Vie, c'est-à-dire les Lois Cosmiques. Yod- He- Vav- He constitue alors la Clef de la Cabale et le Nom correspond ainsi à tous les niveaux de l'action et peut être appliqué à toutes les situations possibles. 

Si dans les faits, la dénomination par les Hébreux du nom de Dieu sous une forme masculine représente le principe actif, les deux premières lettres du tétragramme sont un rappel aux anciennes déités, généralement hermaphrodites ou bisexuelles, reprenant dans leur essence le généreux et prolifique pouvoir de la nature. C'était une doctrine universellement reconnue dans les anciennes religions. Je pense que la franc maçonnerie a pu symboliser cette idée sous la forme du point dans un cercle.  

La prononciation du mot ayant été abandonnée, elle fut définitivement perdue à cause de la particularité de la construction du langage hébraïque qui ne comporte pas de voyelles. Les lettres étant toutes des consonnes ne peuvent donner d'indication possible. De par cette composition de l'alphabet hébreu, les sons voyelles sont insérés oralement et n'étaient jamais indiqués par écrit jusqu'à ce qu'apparaisse les points voyelles, comme ils étaient appelés, qui furent inventées par les Massorètes.  

Comme les sons voyelles ont été à l'origine insérés par le lecteur pendant sa lecture, provenant d'une connaissance orale antérieurement acquise sur la bonne prononciation du mot, il lui était impossible de vocaliser un mot qui n'avait jamais été prononcé en sa présence.

De même que nous lisons Dr que nous prononçons Docteur ou M. prononcé Monsieur, parce que nous avons aussi cette combinaison particulière de lettres, nous ne prononçons pas les lettres elles-mêmes mais les sons qu'elle suggèrent.

Les Hébreux ignorants la façon de vocaliser les 4 lettres du tétragramme, étaient incapables de prononcer ce mot et sa vraie prononciation fut finalement perdue par la majorité du peuple.  

Il n'y avait qu'une personne qui puisse dire correctement ce nom. Le Grand Prêtre, qui l'avait lui-même reçu de ses prédécesseurs et qui le prononçait chaque année le jour de l'Expiation, (Yom Kippour) et à trois reprises, quand il entrait dans le Saint des Saints.

Les traditions maçonniques ont respecté cette idée selon lesquelles les rois pouvaient avoir également ce privilège. Il est dit que Salomon avait été en possession du mot et qu'il l'avait communiqué à ses deux collègues pendant la construction du Temple.

C'est ce mot, qui par le nombre de ses quatre lettres appelées Tétragramme, devint Ineffable et Inaltérables.

Les Cabalistes et les Talmudistes l'ont enveloppé dans un faisceau de superstitions mystiques,   mais tous lui ont montré une grande vénération.

Selon les Talmudistes, si l'on connaît la bonne prononciation du mot, nous pourrons tous comprendre le chant des oiseaux, le langage des bêtes, celui des anges et des démons, l'unité du cœur. Ils disent ce que celui qui est en possession de ce mot a des pouvoirs sans limites et qu'il peut mélanger le Ciel et la Terre.

Les rabbins l'appellent Shem amphorash, ce qui veut dire Le nom qui est déclaré, et disent que David le trouva gravé sur une pierre un jour qu'il bêchait la terre. Notre 13ème degré a un symbolisme analogue, puisque le Nom est gravé et caché au fond de la terre.  

De par le caractère sacré avec lequel ce nom était vénéré, il n'était jamais ou rarement écrit en entier et par conséquence, de nombreux symboles étaient inventés pour l'exprimer. Un de ceux-ci fut la lettre י   ou Yod, équivalent à notre lettre I, J ou Y. qui était l'initiale du mot et souvent inscrite dans un triangle équilatéral. Ce triangle devenant lui-même un symbole de déité.

Ce symbole triangulaire du nom de Dieu mérite notre attention particulière, non seulement parce que le triangle a été présent dans de nombreuses religions anciennes, mais la totalité du symbole a, par lui-même, été indubitablement à l'origine de sa présence dans la franc-maçonnerie où les interprétations du symbolisme respectent la lettre et la forme. 

Du Nom Ineffable lui-même, il est dit qu'il a été préservé dans sa vraie prononciation par les Esséniens qui au cours de leurs rites secrets, se le communiquait de l'un à l'autre en chuchotant.

Auparavant, les Égyptiens, dont les rapports avec les hébreux étaient plus immédiats que tous les autres peuples, avaient une grande similitude de rites, et leur Nom Sacré était utilisé comme un passeport pour l'admission dans leurs Mystères.

Dans les mystères brahmaniques de l'hindouisme, la cérémonie d'initiation se terminait par l'instruction de l'aspirant sur le nom sacré AUM. Les trois lettres avec lesquelles on symbolisait la création, la préservation et la destruction, principes de la Suprême Déité  personnifiée dans les trois manifestations de Brahmâ, Siva, et Vishnou.

Ce sont ces mystères brahmaniques qui présentent le plus de rapport avec notre tétragramme. En effet, le sceau du Brahmatma, l'équivalent du pape pour la religion hindouiste, est composé d'un triangle isocèle, dans lequel est inclus le mot consacré dont, jusqu'à ce jour, aucune traduction n'a pu être trouvée. Ce mot sacré résumait à lui seul toute la connaissance humaine et rendait celui qui le connaissait, égal à Brahmâ. Ce mot était gravé dans un triangle d'or.

Dans les rites perses, le Nom Ineffable était également communiqué au candidat après son initiation. Mithra, la principale divinité de ces rites pris la place du Jéhovah hébreu et représentait le soleil. 

Dans les mystères introduits par Pythagore en Grèce nous trouvons également le Nom Ineffable des hébreux, obtenu sans doute par le sage durant sa visite à Babylone. On dit que Pythagore fut lui-même initié à ces mystères lorsqu'il était dans cette ville.

Le symbole qu'il adopta pour exprimer cette idée fut toutefois différent. Il est effet de 10 points distribués sous forme d'un triangle, chaque côté contenant quatre points.

Le sommet du triangle était un simple point, suivi par deux autres, puis par trois et enfin la base constituée de quatre points. Ces points, par le nombre de chaque rang, étaient en accord avec le systèmes Pythagoricien pour démontrer respectivement la Monade, ou principe actif de la nature, la Dualité ou principe passif, la Triade ou émanation terrestre de leur union, et le Quaternaire ou science intellectuelle. La totalité du nombre était 10, symbole de la perfection. Cette figure fut appelée par Pythagore la Tétractys. Un mot équivalent en signification à tétragramme, et qui fut rendu si sacré que ses fidèles le communiqua aux aspirants dans les rites Pythagoriciens.  

Voyons maintenant la construction du mot connu par ses 4 lettres, Yod, Hé, Vav, Hé.

Ce mot en accord avec le génie de la langue hébraïque, se lit et s'écrit de droite à gauche. L'écriture se fait donc sous la forme moderne  יהזה

Si nous devions le lire suivant notre écriture, nous aurions Hé, Vav Hé, Yod.  

Les écritures hébraïques ont été originalement écrites sans point voyelle. Après que ceux ci aient été ajoutés, le nom de Dieu s'écrivait H.W.H.Y.  L'équivalent phonétique français est devenu YeHVaH.

La prononciation exacte de n'importe quel mot des Ecritures hébraïques est incertaine dans tous les cas. Comme il l'a été déjà mentionné, cette écriture était dépourvue d'indication de voyelles. Lorsque des voyelles ont été ajoutées, la prononciation convenable des noms était sujette à une grande incertitude.

C'est la raison pour laquelle nous ne connaissons pas la prononciation précise du mot divin à l'époque de Moïse. De même nous ne pouvons pas être certains de la prononciation des voyelles parce qu'aucune information écrite n'a été préservée. En tant que mot écrit, le nom divin sans point voyelle est la forme qui nous intéresse dans ce travail.

Selon toute vraisemblance, la combinaison des caractères du tétragramme et de Adonaï devient YaHoVaH. Si la reproduction phonétique appropriée du nom divin tel que prononcé au temps de Moïse est vraiment YHVH, Yahovah, le mot anglais Jéhovah reproduit plus exactement les anciens caractères hébreux, que ne le fait le mot Yahvé.  

Le plus énigmatique reste la prononciation du tétragramme.

Les caractères hébreux sont fidèles et précis mais ils sont sans signification pour nous ou presque, sauf pour des rabbins érudits. C'est la tentative d'amener des consonnes à se transformer en un mot ou un nom imprononçable qui rend le sujet difficile, et il n'est pas dans mon intention de m'y essayer.

Les hébraïsants estimant  généralement que la prononciation Yahvé est la plus vraisemblable.  

La solution la plus économique serait de retranscrire simplement YHWH ou Yahvé, mais c'est prendre le risque de choquer les Juifs dans leur sensibilité. Remplacer Yahvé par Adonaï, ou Seigneur, comme le font bien des versions françaises, c'est d'une certaine façon appauvrir le texte et cela pose problème dans les expressions jumelées Adonaï Yahvé (Deutéronome 9:26). Le nommer Adonaï, c'est-à-dire Seigneur, ce n'est pas remplir et satisfaire à la signification et majesté du mot. Car Adonaï est communicable, étant aux hommes comme à Dieu. Mais Yahvé est incommunicable, ne se pouvant approprier et attribuer, sinon qu'à Dieu seul selon son essence.  

Nous savons, par les recherches archéologiques, que dans les anciens documents égyptiens écrits en démotique, les noms des dieux étaient invariablement représentés par des symboles. La franc-maçonnerie a adopté cette même disposition d'écriture, et le Grand Architecte de l'Univers est habituellement écrit par ses initiales G.A.D.L.U.

L'oeil qui voit tout, l'oeil dans le triangle est également un symbole représentant la déité, mais celle ci, pour un Maçon, est remplacée par le mot Connaissance. Cette représentation étant celle qui figure dans les loges bleues.

L'oeil ouvert a été sélectionné comme symbole de la vigilance et pour un croyant, il peut symboliser une vigilance divine prenant soin de l'univers. Les yeux de Dieu sont au-dessus de tout et ses oreilles sont ouvertes à vos larmes (Psaumes 34-15).

Sur le même principe, les Égyptiens représentaient Osiris par le symbole d'un oeil ouvert et plaçaient ce hiéroglyphe dans tous leurs temples. Son nom symbolique était représenté par cet oeil. Depuis la plus haute antiquité il était adopté comme symbole de l'activité créatrice. Pour les Égyptiens c'était la plus parfaite des figures représentant les trois éléments de la création, l'animal, le végétal et le minéral.

Cette représentation picturale de la déité sous la forme d'un triangle, fut perdue au Moyen Âge chrétien. La description de Dieu, le Père, se fit sous les traits d'un homme âgé, dès le 12ème siècle.

Mais après la période de la Renaissance les artistes revinrent à l'ancienne représentation et redéfinirent l'Etre Suprême par un triangle, le tétragramme dans lequel ces lettres, Yod, He, Vav, He, faute de pouvoir représenter Dieu, tentent de montrer ce qu'il est : l'Etre au-delà de tout être (le Nom que l'on ne prononce pas), la Trinité (le triangle), la Lumière (les rayons). Le siècle des Lumières, amateur de spéculations philosophiques, a souvent utilisé le tétragramme tel que je viens de le décrire, et personnellement je l'ai vu au fronton d'une église du Nord de la France, prés de Valenciennes.  

Pour les francs-maçons, le triangle est le delta, allusion à la quatrième lettre de l'alphabet grec. Le delta où triangle mystique, est généralement entouré d'un cercle de rayon appelé gloire. Les rayons émanant du centre du triangle symbolisent la Lumière. Elle symbolise l'éternelle lumière de la Connaissance émanant du Grand Architecte de l'Univers.  

Le franc maçon étant par principe un homme désireux de s'ouvrir à toutes les cultures, j'espère que cette étude sur le tétragramme et les différents symboles concernant le nom de Dieu, aura pu, comme elle l'a faite pour moi, vous faire progresser sur les voies de la Connaissance.  

 

J'ai dit T.F.P.G.M

 

 

ADDITIF  POUR  LE  30ème  DEGRÉ  

 

Au 27èmedegré, le bijou est un triangle d'or au centre duquel est gravé le Nom Ineffable en caractères hébraïques. Y.H.V.H.

Et toujours à ce degré, le mot sacré est I. N. R. I.

Selon le rituel actuel du 30ème degré, à l'orient est placé un triangle équilatéral, pointe en haut, dans lequel est inscrit en lettres hébraïques le nom divin Y. H. V. H.

Celui-ci devrait donc être écrit יהוה   mais si on examine les lettres inscrites dans le triangle, on trouve אדני   qui correspondent aux lettres Y N R A, écrites suivant la forme latine, c'est-à-dire de gauche à droite, et non suivant l'écriture hébraïque, c'est-à-dire ינדא

 

Or Y N R A ou I N R A est très proche du I N R I du 27ème degré qui sont aussi les initiales des noms hébreux des quatre éléments. Iam, l'eau – Nour, le feu – Ruach, l'air et Iabeshah, la terre.

 

Pourquoi cette lettre A, א   ? Et pourquoi ce changement de caractères entre ce qui est inscrit dans le livret d'instruction du grade et sa représentation graphique? Ou cette lettre A est elle un rappel à ce que Dieu dit à Moïse, en Exode III-13:14: Je suis celui qui suis (ou qui est.

Mon nom est A H Y H, et je serais continuellement avec vous et pour toujours.

C'est confirmé par la suite du même  verset:

Et il ajouta: Voici ce que tu répondras aux Israélites: AHYH m'envoie vers vous. אהיה

Dans ce cas, au 30ème degré, le triangle ne devrait-il pas avoir ces lettres AHYH inscrites, et  comme il est dit AHYH m'envoie vers vous, il serait logique que ce triangle soit pointe en bas, tel qu'il est dans les Aigles du S:.C:.D:.F:.

Spécialiste de la Kab­bale hébraïco-chré­tienne, Jean-Gaston Bardet (1907-1989) propose ici une analyse du Tétra­gramme formé par le nom de Dieu ; Tétra­gramme formé en réa­lité de trois lettres hébraïques (l’une d’elles le He est répé­tée). Pour aborder cette lecture, il est nécessaire d’être déjà familiarisé avec cette technique et nous ne pouvons ici donner les éléments d’initiation indispen­sables. Peut-être ce texte vous donnera-t-il envie d’en savoir davan­tage sur les possibilités immenses de la Kabbale et d’étudier les quelques très bons li­vres qui en donnent les clefs.

Le Symbole le plus ancien est la Croix, à quatre branches égales, correspondant aux 4 directions cardinales. Or, assez souvent – en Chine comme en Sumer – chacune des 4 branches n’est pas réunie aux autres, au croisement central. Le « point blanc » qui en résulte, signifie la vivification par l’intérieur, par le cœur ou par la Lumière primordiale… Il est « dans l’attente »…

C’est l’emblème d’Anu, la plus vieille divinité sumérienne. Sonexpression verbale se compose de 4 mots agglutinés « An – ub – da – limmu » que vous retrouverez dans les 4 dernières lettres : Q. R. Sh. Th. de l’alphabet hébraïque. Le « Thaw » hébreu était originairement, une petite croix et « limmu », lui-même, est précisément le nombre : 4, en sumérien.

Ces 4 points cardinaux, de total : 82, vous sont fournis dans l’ordre, par Isaïe (43, 5 et 6) : « Ne crains point parce que Moi je suis avec toi ; de l’Orient je ferai revenir ta race et d’Occident je te rassemblerai. Au Nord je dirai : Rend-les et au Midi, ne les garde pas ».

Ce signe cruciforme s’est traduit par maintes représentations : 4 rois gardiens, 4 fleuves sacrés, statues à 4 visages, 4 quartiers du Ciel dont la 5e région est le centre du monde, etc.

Le « point blanc » laisse place à un cinquième élément qui sera le Shin, lequel symbolise la « nature humaine », devant être crucifiée. Cependant, le symbole cruciforme va évoluer. Le Christ sera crucifiésur une croix à 3 branches principales – analogue au Tau grec – fonctionnellement différente de l’X à 4 branches de saint André.

Observez les allégories : André (Anthropos) n’est qu’un « homme ». Le Christ est « l’Homme-Dieu », aussi va-t-il être fixé par 3 clous seulement.

Car, en toutes les traditions, d’Orient comme d’Occident, 3 symbolise le cercle, le ciel, l’éternel ; tandis que le 4 symbolise le carré, la terre, le temporel. On connaît bien les jeux de 3 et de 4 qui fournissent les nombres-clefs : 7 (3 + 4) et 12 (3 x 4).

Le symbolisme est encore plus subtil en hébreu ou Le Chair : B Sh R (masculin) vaut 43, tandis que La Esprit : R W cH (féminin) vaut 34. Si 3 + 4 = 7 expriment l’union de l’âme et du corps, 34 + 43 = 77 est le nombre du pardon. Vous devez pardonner 77 fois, à l’inverse de Lamech qui devait « être vengé » 77 fois (Genèse 4. 24).

Mais il y a plus.

Dieu a révélé Son Nom (c.-à-d. son Être) à Moïse, dans le Buisson Ardent. Ce Nom est composé de 4 Signes-lettres représentant les 3 « formes divines » de l’Amour Créateur.

Ce Nom s’écrit : Y H W H. Prononcez : I E Ou A d’un seul souffle. Il n’est composé que de 3 lettres différentes, dont l’une, le « He » est redoublée. Ces 4 signes sont nécessaires afin de traduire la structure du Créateur aux hommes de la terre.

Observez que, symétriquement, l’information génétique de la créature humaine est fondée, elle, sur 4 bases qui s’expriment à l’aide de triplets, n’utilisant que 3 lettres. Pour confirmer la cohérence ajoutons qu’il peut exister 64 triplets ou codons. C’est-à-dire, 43 (4 puissance 3). Vous retrouvez l’indicatif 43. Tandis que 64 est le nombre d’Y ShR hA L. Car l’Israël spirituel symbolise « toute la terre » et non pas seulement un morceau de Palestine.

Bien qu’il n’y ait que 3 lettres formelles, on a cependant donné le nom de « Tétragramme » à cet Unique mot révélé par le Créateur.

Ces 4 lettres sont des « sonnantes » précise le célèbre général et historien Flavius Josèphe (De Bello Judico 6.15), et nullement des consonnes, comme on l’a raconté en vue de les rendre imprononçables, pour dissimuler la perte de la Structure.

י ה ן ה

He Waw He Yod

Ces 4 voyelles étaient d’ailleurs gravées sur la lame frontale du Grand Prêtre, disposées comme sur un trône de consonnes terreuses :

Y H W H

Q D Sh L

soit Q D Sh = Saint ; L = pour Y H W H 1.

Le total de ces 8 lettres est : 82, celui même des 4 points cardinaux précités : Q. R. Sh. Th. 82 = 10 = Un.

Cependant, si l’on ne prononça plus à haute voix le Tétra – passée la mort de Siméon-le-Juste (- 270) – les prêtres continuèrent à bénir avec leurs deux mains ; en chacune d’icelles leurs doigts étaient réunis en 3 groupes. Le geste rituel conservait la structure verbale oubliée.

Ces 3 groupes constituaient ce qui fut appelé, lors du christianisme, les 3 Personnes Divines de l’Unique Déité, soit la Tri-Unité.

L’ex-rabbin Paul Drach nous apprend (selon le Gale-Razaïya) que le Tétra, oublié, renfermait un autre Nom de 12 lettres, qui utilisait les 4 mots : Père, Fils et Saint-Esprit. Soit : hA B, B N V R W ch Q D W Sh = 120 (nombre des hommes requis pour fonder une Synagogue) ; nombre que vous retrouvez pour l’élection de Mathias. (Actes 1. 15). Ce qui souligne que le mosaïme authentique et traditionnel connaissait la structure trinitaire bien avant l’Évangile de Matthieu.

Dans le Talmud on trouve même un nom de 42 lettres ! Telle est l’inflation verbale, qui conduira à tirer 613 préceptes des 10 Paroles du Sinaï. Il faut savoir lire : 6 x 13 = 78, nombre même du Y H W H — hA L H Y M, comme du premier mot de la Thorah : B R hA Sh Y TH = 78, grâce au grand B, qui vaut son double.

Seule nous intéresse la véritable et authentique lecture du Nom Tétra. Depuis 2000 ans, des milliers d’ésotéristes s’y sont attachés, sans résultat valable ; Drach lui-même, pas plus que ses célèbres prédécesseurs tels Reuchlin, Pic de la Mirandole et le P. Kircher. S’ils retrouvèrent le Nom glorifié de Jésus : Y H Sh W H, tous ont ignoré la signification fonctionnelle de chaque lettre symbolique.

Bien auparavant, maints hermétistes auraient voulu utiliser – parvolonté de puissance – le secret du Tétra. En particulier, les pythagoriciens mirent au pinacle la « Sainte Tétractys » qui vaut : 10. Ce 10 est, en effet, le « nombre triangulaire figuré » de 4, car 1 + 2 + 3 + 4 = 10. On peut dire que 10 est « la gloire de 4 ». Authentiquement, le nombre 6 a pour gloire 21. Aussi Rabbi Saül aurait-il pu s’écrier : Le Shin, 21e lettre, symbolisant la « nature humaine » est la gloire du Waw, la 6e lettre, symbolisant la « nature divine » du Fils. (I Cor.11.7)

Les pastiches, par la numérologie alexandrine des lettres-nombres hébraïques sont fréquents. Ainsi Porphyre, publiant la collection des leçons de son maître Plotin, les classera, très artificiellement, en 54 cahiers : 6 x 9, d’où le nom « d’Ennéades ».

Or 54 est le total des divisions primitives et structurées de la Thorah (l’actuelle division en 187 chapitres, datant du XIIIe siècle, est absurde).

Cependant, Porphyre ignorait la subtilité des divisions sacrées. La voici :

GENÈSE     EXODE    LÉVITIQUE-     DEUTÉRONOME
                                     NOMBRES
12                    11           10 – 10                    11                 = 54

soit : Y               H           W – V                      H

elles affirment la prononciation « Jehovah », qui a été, frauduleusement, remplacée par le blasphème : Yahvé. Ce nombre 54 est capital, c’est celui de l’Alliance avec Abraham, la célèbre : B R Y Th = 54, utilisant des « Sumbolon », ici : 4 animaux coupés en deux et réunis par le Feu Divin.

Nous voici ramené à Abraham et forcé de constater que tout se recoupe, grâce à une cohérence supra-humaine.

Comment expliciter cette structure du Tétra, que la liturgie affirme ? Un fait va nous mettre sur la piste.Il vient de se fonder une Association 1901, appelée « Fraternité d’Abraham », destinée à « approfondir la compréhension mutuelle des trois familles religieuses issues de la foi d’Abraham ».

Le choix d’Abraham, l’Obéissant par Amour, est excellent. Mais une question se pose, à quel moment, dans quelles circonstances Abraham est-il devenu le Père de l’humanité croyante ? Il n’était, au départ, qu’« Abram l’hébreu » : hA B RM H cH B R Y = 100 = 1, donc un « germe ».

Abram va recevoir un « Nom Nouveau », soit : hA BRHM (Abraham) possédant un « He » supplémentaire. Précisément, cette 5e lettre qui est redoublée dans le « Nom au-dessus de tout Nom » : YHWH !

Et pourquoi – nouvel acte symbolique – sa femme Saray : Sh R Y, va-t-elle, de son côté, devoir abandonner son « Yod » final pour le remplacer également par un « He » ? Pourquoi ces deux « He » ?

Le texte (Genèse XVII) est clair :

Y H W H apparut à hA B R M et lui dit : « Ton Nom ne s’énoncera plus hA B R M désormais ; ton Nom sera hA B R H M, car Je te fais Père d’une multitude de Nations ». Il ajouta : « Sh R Y ton épouse, tu ne l’appelleras plus Sh R Y mais Sh R H. Je la bénirai en te donnant, par elle, un fils ».

Vous connaissez la puissance créatrice des Noms. En plus, ici, le total du couple ne change pas :

hABRM = 47 + 5     hABRHM = 52

ShRY    = 51 – 5     ShRH       = 46

                98                                98

Et vous saisissez pourquoi Abraham « sourit en son cœur » ; il vient d’avoir 99 ans, Sarah également. Le couple devient miraculeusement fécond, et ce sera la naissance d’Isaac qui veut dire : Sourire. En outre, ce nom, indiqué par Dieu : Y Ts cH Q = 55, ré-affirme l’union des deuxHe ». Le « He » est l’Esprit de Vie, l’Esprit Vivifiant redoublé, dont la conjonction engendre un être nouveau.

Pour confirmer la Promesse, le total des nombres de la « Famille-souche » de la multitude, est 153 :

hABRHM     Y Ts H Q     Sh R H

    52               55              46        = 153

soit le nombre même des « 153 gros poissons de la pêche miraculeuse »(Jean 21.11), nombre qui symbolise l’Église toute entière. Nombre qui est la « gloire » de Bon, le T W B = 17, de toute la Création. 2

Les deux « He » sont nécessaires pour la pro-création comme pour la Cybernétique de toutes les créations ; elle-même issue de l’Amour réciproque du Père pour le Fils et du Fils pour le Père.

C’est pourquoi le seul symbole valable pour l’Esprit-Saint (en deux mots), c’est la colombe aux deux ailes déployées.

Nous connaissons la signification des deux « He ».Maintenant, que signifient le « Yod » et le « Waw », ces deux lettres qui, en hébreu, s’intervertissent parfois ? Épelons attentivement.

Dès le départ de Genèse 4.18, au milieu d’une forêt de noms propres orientaux, vous tombez sur une « anomalie » qui ne peut être supposée faute de copiste (il n’y en a aucune). Deux mots côte-à-côte, sans interruption, sont orthographiés dissemblablement pour un unique indi­vidu.

Il s’agit du fils d’Yrad (Y R D = 34). Vous retrouvez aussitôt le nombre de la Esprit : la R W cH = 34, qui nous lance un clin d’œil. Voici la phrase :

« Yrad engendra M cH W Y hA L et M cH Y Y hA L engendra Méthoushaël ». La première graphie concerne un « fils » dont l’indicatif est le « Waw » ; la seconde graphie concerne ce même fils dans son rôle de père, dont l’indicatif est le « Yod ». Aucune ambiguïté possible. Tout homme est fils avant d’être père.

Nous connaissons, désormais, la structure du Tétragramme et comprenons que ce n’est pas un mot humain à deux bouts pouvant se lire linéairement. Ne le traduit-on pas : l’Éternel !… Il ne peut avoir ni commencement, ni fin. Il ne doit donc pas se lire linéairement, mais se spirer circulairement, d’un seul souffle. Il est, d’ailleurs, interdit, aux copistes patentés, de s’arrêter en le graphiquant.

Ce n’est pas un nom, comme tous les mots, formés de syllabes, comportant des consonnes. C’est un « souffle » pur qui se module selon quatre sons. C’est d’ailleurs pourquoi, toute notre vie terrestre, provient de l’énergie du soleil, transformant son Hydrogène H = 1, en Hélium = He = 4. Plus généralement, la particule simple, naturelle, est le noyau d’Hydrogène ; la particule composée naturelle est le noyau d’Hélium. On lui donne le nom de quadruplet. Saint Augustin avait, jadis, saisi que « les vestiges de la Trinité sont imprimés jusqu’aux derniers confins de la Création ». Vous le vérifiez au niveau de la micro-physique.

Je vous renvoie, pour la Tétra-structure cosmique, aux Clefs de la Recherche fondamentale et à la Signature du Dieu Trine qui montrent que « Tout va par deux, sur la Terre comme au Ciel ». (Édition Trédaniel)

Dans le Nom Glorifié de Jésus : Y H Sh W H, vous constatez que le Shin (de la nature humaine) est au centre, au cœur même du Circulus. On se borne à déclarer que Dieu s’est In-carné — ce qui est exact dans l’ordre historique. Cependant nous devons constater que, de fait, c’est la nature humaine : Shin, qui s’est insérée au cœur du Tétragramme Éternel. Ce qui doit nous faire saisir que l’Incarnation du Messie, à une époque historique, n’est que l’accomplissement — dans le temps — d’un Plan éternel, d’un Plan du Dieu — Trine ayant toujours eu — en Lui-même — en puissance, l’idée de l’homme ; enfin réalisée en acte, durant l’occupation romaine de la Palestine !

Un « Sumbolon » était un « signe de reconnaissance »

Le Tétragramme nous fournit donc toute l’explication de notre destinée et toutes les structures du Cosmos. Il est bien le « Symbole des Symboles ».

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1 Notez que « Q D Sh » : Saint pour un homme est écrit défectivement, c.à-d. sans le Waw. Et avec le Waw quand il s’agit de l’Esprit. Telle est la raison d’être — ignorée des grammairiens — de l’écriture dite « pleine ».

 

2 Dans la Genèse, le Nom Y H W H est répété cent cinquante-trois fois ont constaté les rabbins…